dimanche 19 avril 2009

Chapitre 2 - AVENTURE SPATIALE A VERNON

Aventure Spatiale Française

L’aventure Spatiale Française, a commencé à Vernon ; au Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques « LRBA ».
Quel est le point commun entre la fusée Véronique, le lanceur Vulcain, et le système de navigation « GALILEO », ils ont tous les trois été conçus à Vernon 27200 au LRBA.

Historique du LRBA

L’histoire commence dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. En mai 1945, le gouvernement Français décide de doter la France des technologies spatiales que les Allemands venaient de développer, en particulier celles des V2. En quelques mois, le gouvernement recrute un premier groupe de trente ingénieurs Allemands qui travaillaient dans ce domaine. La question qui se pose alors, est de savoir où les installer. Or, il se trouve que Vernon dispose d’un vaste terrain militaire inoccupé à l’époque, situé sur le plateau au-dessus de la ville et à l’écart de celle-ci, les anciens Ateliers Edgar Brandt. Ce « plateau de Vernon » avait été précédemment un centre de chargement et de stockage de munitions, puis avait été utilisé par les Allemands comme dépôt de matériel.
C’est dans cet ensemble de bâtiments sans affectation qu’il est décidé d’installer le Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques « LRBA », qui vient ainsi d’être crée en mai 1946. L’impulsion technique nécessaire au démarrage des Laboratoires est donnée par l’arrivée d’un second groupe d’ingénieurs et de techniciens Allemands, recrutés parmi les anciens de Peenemüde et de Friedrichshafen. Parmi ceux-ci, figurent Heinz BRINGER, qui inventera le moteur Viking des Ariane, Heimut HABERMAN, spécialiste des paliers magnétiques et Otto MULLER, spécialiste du système de guidage. Ils ont été embauchés, comme salariés avec un contrat de travail.

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LES TRAVAUX DE RECHERCHE AU LRBA

Les travaux de recherche au LRBA

Dès août 1946, le LRBA commença le développement d’une série de missiles à moyenne portée, en partant des V2 et A9 Allemands. Ce devait être le « Super V2 » d’une portée de 3600 km, avec une charge utile de 1000 kg. Mais dès 1948, les problèmes liés à la première phase étaient si importants, que le projet fut abandonné. Toutefois, le « Super V2 », avait préparé le terrain et rendu possible le passage à un nouveau projet « Véronique ».

Fusée Véronique

La Direction des Etudes et Fabrication d’Armement, décida de construire une fusée-sonde pour étudier le comportement en vol et les possibilités d’un moteur-fusée à ergols liquides en haute atmosphère au-delà de 65 km. C’est le projet 4213, rebaptisé « Véronique ». Dans ce cas, Véronique, n’est pas un prénom mais la contraction de VERnon-électrONIQUE. A ses débuts, cette dernière est alimentée en acide nitrique et essence térébenthine par un générateur de gaz à poudre, son moteur développe 4 tonnes de poussée et il propulse la fusée à 70 km d’altitude avec une charge scientifique de 65 kg. Ainsi, commençait l’aventure des Véroniques, ces petites fusées-sondes qui inauguraient en France l’ère de la propulsion et constituaient plus tard l’ébauche du deuxième étage baptisé « Coralie », des futures fusées Europa, dont les heurs et malheurs allaient préparer l’événement d’Ariane. Plusieurs versions furent développées avec un succès inégal.
Essayées dès 1951, sur le Banc d’Essais au sol PF3 au LRBA à Vernon. Puis tirées de Hammaguir et Colomb-Béchar en Algérie, à partir de 1952. Ainsi, furent fabriqués des engins expérimentaux à propulsion liquide destinés à étudier les problèmes de guidage.

Fusées Vesta et Diamant

Vers 1955, tout en poursuivant les travaux sur Véronique, le LRBA, étudie une «Super Véronique « ce sera « Vesta », capable d’envoyer 500 kg à 400 km d’altitude. Après la loi de programmation militaire en date de décembre 1960, le 18 décembre 1961 est prise la décision de construire la fusée « Diamant ». D’une masse de 18 tonnes, dont le premier tir a lieu le 26 novembre 1965, mettant en orbite le premier satellite Français « A1 ».


Le premier étage de la fusée est équipé de quatre moteurs Vexin B, conçus à Vernon. Les essais de « mise au Point », et de « Qualification des moteurs » ont eu lieu sur la Zone d’Essais F et en particulier sur les Bancs PF1 et PF2.


En même temps, les gouvernements Européens décident de construire un lanceur Européen. Comme la France connait le succès avec la fusée Diamant, elle devient le Chef de file. Ces décisions, entraînent des changements importants dans l’établissement de Vernon.


Les activités militaires et industrielles du LRBA, sont séparées. Le Laboratoire se recentre sur des activités militaires, tandis qu’un établissement industriel privé est créé, la Société Européenne de Propulsion « SEP », chargé de développer les nouveaux propulseurs du lanceur Ariane.

Pas de Tir en Australie.

La fusée Europa I, a été tirée, depuis le Pas de Tir à Woomera en Australie. Le premier étage, Blue Streak I ne réussira jamais une satellisation. Le seul lancement a lieu à Kourou, le 5 novembre 1971, c’est encore un échec. La fusée explose 150 secondes après le décollage, la centrale inertielle est tombée en panne.


Le programme fut abandonné.
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PHOTOS SUR SITE LRBA

FUSEES SUR SITE LRBA
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Maquette d'une fusée Véronique


Equipement du personnel sur Banc de moteurs-fusées


Fusée Europa sur son Pas de Tir en Australie



Décollage fusée Véronique





Essai en Vol fusée Vesta


Essai moteur Viking sur le Banc PF2 en Zone F


Banc d'essais à Feu PF2




Série de lanceurs Diamant





Fusée Véronique




Vue du LRBA d'hier à Vernon


Vue aérienne de Vernon 27200
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QUEL AVENIR POUR LE LRBA EN 2010


L'AVENIR DU LRBA A VERNON

Après la fin des activités du Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques ( LRBA) en 2010, il est envisagé la création d’un site pour promouvoir à VERNON, l’aventure spatiale française puis européenne sur le site de la soufflerie du LRBA , qui l’a vu naître.
VERNON, berceau de cette aventure spatiale française puis européenne, joue toujours un rôle important dans cette aventure humaine et scientifique.
Une association pour la Valorisation de l’Aventure Spatiale européenne AVAS, a vue le jour en 2009.
Les dix hectares de la soufflerie du LRBA, aujourd’hui à l’abandon, présentent une opportunité pour la région et une solution très attractive en devenant un espace public valorisant l’aventure spatiale française puis européenne.
Avec ses bâtiments d’époque qui ont vu les débuts de cette aventure, ce site est parfaitement adapté à une évocation du passé avec un potentiel de clientèle touristique important.
De par son histoire, son site authentique, son environnement et sa position géographique, l’ancienne soufflerie du LRBA possède un réel potentiel attractif pour mettre en scène cette aventure spatiale français puis européenne, d’hier à demain.
Ce nouveau pôle d’attraction permettrait de diversifier l’offre touristique et par conséquent de retenir les touristes sur le territoire pendant plusieurs jours et engendrer ainsi des retombées économiques et en matière d’emplis importants.
L’activité spatiale, toujours présente à VERNON et en Normandie, peut faire de ce site un lieu de rencontre, de séminaire, de congrès, de formation pour tout le domaine aérospatial.
Sa proximité de la région parisienne est dans ce cas, un véritable atout.
Les multiples facettes scientifiques de l’espace peuvent être mises en valeur auprès des jeunes par la création d’ateliers ou la mise à disposition de l’éducation nationale de moyens d’expérimentation.
Cette aventure spatiale, traitée de façon ludique, est de nature à susciter des vocations parmi les plus jeunes.
Des infrastructures pour l’hébergement et la restauration ainsi que des espaces librairie, multimédia et souvenirs compléteraient l’aménagement de ce site.
Le site autorise l’implantation d’autres activités, archives par exemple.
Une coopération franco allemande est également prévue, nouer des partenariats, poursuivre et intensifier nos relations avec le musée Allemand de Peenemûnde, etc..
L’étude de préfaisabilité réalisée par le comité régional du Tourisme de Paris-Ile de France montre l’intérêt et le bien fondé de ce projet ainsi que sa viabilité.
Mais du projet à la réalisation de ce site, de nombreuses étapes restent à franchir.

Nous espérons que tous les passionnés d’espace ainsi que tous ceux qui ont œuvré ou œuvrent encore dans ce domaine nous rejoindront pour réaliser ce site dédié à l’espace européen.

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Photos de Vernon et du site du LRBA

Vue de la future soufflerie du LRBA

Décollage de la fusée sonde Véronique du LRBA
LRBA d'hier et d'aujourd'hui

Vue aérienne de la zone de la soufflerie

Vue du vieux pont à VERNON
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Chapitre 3 - LA SEP ET L'ENVOLEE DE L'EUROPE SPATIALE

La Société Européenne de Propulsion « SEP »

Elle est chargée de développer les nouveaux propulseurs du lanceur Ariane. Le projet de lanceur Européen, a été proposé par la France, après l’échec du programme Europa 2, en 1972. Après 7 lancements qui furent des échecs et consécutivement à la réussite du programme scientifique français, des fusées Diamant ayant lancé plusieurs satellites. L’échec du programme Européen, Europa 2, avait découragé les partenaires Européens, et initialement seule la France souhaite poursuivre un programme spatial pour s’affranchir de la tutelle Américaine.

Création de la SEP

La Société Européenne de Propulsion « SEP », a été créé le 1 octobre 1971, à Vernon 27200. Le nouveau lanceur est baptisé « LIIIS », lanceur de 3° génération, entre 1972 et 1973.
Le Centre National d’Etudes Spatiales « CNES », lance un appel à idées pour rebaptiser le nouveau lanceur Européen, finalement le nom retenu est « Ariane ».

Le programme Ariane, auquel participent depuis 10 pays Européens a été lancé en 1973. La fusée Ariane, du nom de l’héroïne mythologique grecque Ariane, est un lanceur civil Européen de satellites, exploité par la Société Arianespace.
La Base de Lancement des fusées Ariane, se trouve à Kourou en Guyane Française le « CSG », Centre Spatial Guyanais. Notons, en ce qui concerne l’organisation administrative de cette entreprise que la SEP, été absorbée par la SNECMA en 1977, et en 2005, cette dernière a elle-même fusionné aves SAGEM en prenant le nom de Safran.
L’établissement Safran, ex-Snecma de Vernon, dispose de tous les moyens et compétences pour concevoir, développer, produire et commercialiser les moteurs à ergols liquides pour lanceurs de satellites, notamment pour le lanceur Européen Ariane.
Il est rattaché à la Division Moteurs Spatiaux de la SNECMA.

Les industriels du programme Ariane

La maîtrise d’œuvre du programme Ariane, est confié dès l’origine, au Centre National d’Etudes Spatiales « CNES », par l’Agence Spatiale Européenne ESA.

La maîtrise d’œuvre industrielle est quant à elle confiée, à l’Aérospatiale, qui deviendra en l’an 2000 « SEAD ». La conception des différents composants d’Ariane, est assurée par plusieurs entreprises, parmi lesquelles : Safran (ex-Snecma), en charge de la motorisation. La motorisation des premières versions d’Ariane, était conçue par la Société Européenne de Propulsion « SEP », qui fût par la suite intégrée à la Snecma Matra. Intégrée dans EADS au sein d’Astrium, pour la Case à Equipements.

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LE PROGRAMME ARIANE

 

HISTORIQUE

La maîtrise d’œuvre du programme Ariane, est confié dès l’origine, au Centre National d’Etudes Spatiales « CNES », par l’Agence Spatiale Européenne ESA.

La maîtrise d’œuvre industrielle est quant à elle confiée, à l’Aérospatiale, qui deviendra en l’an 2000 « SEAD ». La conception des différents composants d’Ariane, est assurée par plusieurs entreprises, parmi lesquelles : Safran (ex-Snecma), en charge de la motorisation. La motorisation des premières versions d’Ariane, était conçue par la Société Européenne de Propulsion « SEP », qui fût par la suite intégrée à la Snecma Matra. Intégrée dans EADS au sein d’Astrium, pour la Case à Equipements.

Le moteur Viking

Le Viking I, a été conçu dès 1969 à partir de l’expérience acquise par le LRBA, avec le lanceur Véronique qui avait été créé, grâce à la collaboration de techniciens et ingénieurs Allemands de Peenemüde. Une première mise à feu, de ce moteur Viking I, a eu lieu le 8 avril 1971 ; elle a été suivie de 33 autres essais au sol sur le Banc d’Essais PF2. Ces essais ayant permis de mettre au point l’Injecteur, c'est-à-dire la série de couronnes percées de trous par lesquels les liquides entrent dans la chambre de combustion. Tous les injecteurs ont été contrôlés et qualifiés sur les Bancs d’Essais hydraulique F22 et à Feu au PF2 à Vernon.

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PREMIER - 2° ET 3° ETAGE FUSEE ARIANE

 

Premier et 2° étage Ariane

Les deux premiers étages d’Ariane sont équipés par un même type de moteur, appelé à connaître la célébrité sous le nom, tout naturel pour un propulseur né sur le sol Normand de « Viking ».
Quatre moteurs Viking équipent le premier étage ; le second étage comporte un seul moteur Viking. Le moteur Viking, équipe le premier et le deuxième étage d’Ariane 1, 2, 3, et 4 ainsi que les propulseurs d’Appoint d’Ariane. Le moteur Viking 2, et son concepteur est l’ingénieur Allemand Heinz BRINGER.
Pendant l’été 1999, la SEP fêtait son 1000° moteur. En passant à une échelle bien supérieure à celle des engins précédents, le lanceur Ariane, ou plutôt ses versions successives, semble être de moins un produit du site de Vernon. S’il est vrai, que les divers éléments de cette fusée Européenne sont fabriqués dans de nombreux sites et pays. Il n’en reste pas moins que les moteurs principaux sont conçus et testés sur les 110 hectares du site de Vernon, ou travaillent près de 1200 techniciens et ingénieurs.

Troisième étage Ariane

Le troisième étage d’Ariane, est équipé d’un moteur cryogénique, hydrogène-oxygène. Le choix du couple hydrogène-oxygène, pour alimenter le troisième étage d’Ariane est jugé révolutionnaire. Il relève en fait de la logique : dans la gamme des propergols usuels, ce couple donne lieu à la vitesse d’éjection la plus élevée parce que la réaction de l’hydrogène sur l’oxygène est une des plus énergiques de toute la chimie. Elle crée un composé particulièrement léger, de surcroît non polluant, le produit étant tout simplement de la vapeur d’eau. La molécule d’eau a en effet une masse de 18 seulement « H2O = 18 », alors que les composés carbonés, éjectent toujours des quantités plus ou moins importantes de dioxyde de carbone « CO2 = 44 », ce qui signifie à énergie égale, une plus grande vitesse. Avec ce couple, hydrogène-oxygène, les vitesses d’éjections peuvent dépasser 4500 m/s dans le vide, soit environ 1000 m/s de mieux qu’avec les ergols conventionnels.

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